Lundi 1 septembre 2008

 

Tout a commencé à Zhud !

On s’était dit : « Pour se retrouver, il suffira d’être au même endroit au même moment… Â»

Ce moment tant attendu est arrivé le 31 juillet
(on avait dit fin juillet/ début août),

L’endroit ? : quelque part, dans la sierra du sud de l’Equateur, lorsque la route de la côte Pacifique croise la Panaméricaine, à près de 3000 m d’altitude.

Pas d’hôtel, pas de cyber café, pas grand-chose en fait, mis à part quelques routiers fatigués faisant la pause devant un cochon qui grille.

C’est pourtant là qu’il fallait être, ce jour là.

Ils y étaient, et nous aussi !

Eux, c’est les Meunier, nos bons amis des Anses d’Arlet : Nino, Moélie, Michèle et Eric. En vacances d’été, donc.

Nous, on avait à peine pris le temps de laisser Tiloune sur 2 ancres et toute sa chaîne, dans l’estuaire du Rio Chone à Bahia de Caraquez devant Puerto Amistad.

Ils y étaient, et nous aussi…

Un moment intense, dans un endroit improbable.

A partir de là, on n’a plus vu les enfants : Paco, Marin , Nino et Moélie se sont retrouvés comme s’ils s’étaient quittés la veille. Quant à nous, les parents, on a commandé à boire…


Bon , je vais pas vous raconter nos vacances en détails, et c’est bien de « VACANCES Â» qu’il s’est agi, une vraie rupture avec notre quotidien du voyage en mer salée…

 

Quitter le bateau, sauter dans un bus, et en avant la musique (y a bien qu’en occident qu’il n’y a pas de musique dans les bus…)

 


Donc voilà quelques images d’ambiance de notre balade dans ce pays magnifique, aussi coloré que chaleureux, aussi diversifié qu’accueillant.

 

D’abord un petit crochet par Ingapirca,

toucher les pierres du temple du soleil érigé par les Incas,

tutoyer les dieux

se cailler les miches

manquer d’oxygène

 

et rester planter là, ahuri, devant le spectacle de ce nouveau monde, aux portes du Paramo, limite altimétrique entre le monde des hommes et l’au delà.

Nous sommes donc chez les indiens, Quechua ou Canari, chaque communauté se distingue, à son poncho, sa ceinture, son châle, sa jupe, mais surtout son chapeau.

 

 

L’indienne au chapeau : voilà l’image d’Epinal ou…  d’Equateur, sauf que nous ne sommes pas dans un dépliant touristique, c’est la vraie vie, et c’est tout simplement magnifique.

Passer des langueurs océanes, aux fraîcheurs rudes et colorées du Paramo équatorien est au delà de ce qu’on espérait. On avait fantasmé sur les Andes, on n’y croyait pas vraiment, et nous y sommes.

Beaucoup d’émotion donc dans cette première immersion.

 Sur ce, on est un peu redescendu en altitude, parce que quand même…

 Alausi : 2350m

 Son marché, son train, avec le trop fameux tronçon ferroviaire « el Nariz del Diablo Â» (le nez du diable). Ca aussi, cela faisait partie d’un vieux fantasme : un train dans les Andes, la pub Nescafé, quoi…

Le marché fut encore un grand moment d’émotion, de couleurs et d’émerveillement

Le train fut une belle paire de baffes dans la figure : juste pour se réveiller de notre rêve et réaliser que l’Equateur est tout de même une véritable destination touristique.

Allez, je me laisse vous raconter…

Imaginez, un bus sur rail, rempli à ras bord de touristes européens surmonté d’une galerie avec une couche encore un peu plus épaisse des mêmes touristes, en route pour la descente dans le cayon et …. la remontée, avec arrivée au point de départ.

C’est pas le train, c’est le manège.

On aurait du se méfier. Hier soir déjà, il y avait des signes, des jeunes sacs au dos qui nous avaient parlé français et demandé : Â« vous êtes venus pour le train ? Â».

Bref, on n’est pas monté dans le train, et ce qui est trop bête c’est qu’on l’a même pas pris en photo, ce « mauvais train Â».

Par contre, comme on est plus malin que les autres, on se l’est fait à pied, le si fameux tronçon ferroviaire « el Nariz del Diablo Â».

 


Environ 5 heures de marche sur les rails, pour arriver au village de Sibambé qui est la dernière gare et qui d’après le guide Lonely Planet Â« n’offre aucun service Â» , on trouvera toujours un camion pour nous remonter à Alausi.

La balade démarre en grand sourire avec des paysages dantesques de gorges et d’apiques, tout en sécurité comme sur des rails.


Des rails qui descendent dans les gorges en utilisant la technique de l’épingle à cheveux avec aiguillage : on imagine le train qui s’arrête et repare en sens inverse pour continuer sa descente : si vous ne comprenez pas, allez-y voir, et prenez le train.

Bon, nous, on était à pied, donc, et tout fourbu tout content, on arrive enfin à la gare, en bas, sauf que, ce que ne disait pas le guide « Lonely Planet Â», c’est que le village de Sibambé est désert et en ruine (suite à l’abandon de la véritable liaison ferroviaire). Et surtout aucune route ne passe à Sibambé…. Bref personne, le désert, et la fraîcheur du soir qui tombe…

Personne ? non. En fait c’est un berger et son fils qui nous annoncent la réalité de Sibambé.

«  2 solutions :
- vous rebroussez chemin (6 heures de marche)
- vous me suivez : vous voyez ma maison là-bas ; de là il y a une piste qui rejoint la route… Â»

Heu, je ne sais pas trop si le minuscule point blanc tout là haut dans la montagne à 2 heures et demi de marche, était sa maison, mais on a surtout compris qu’il était notre sauveur, et qu’il ne fallait pas le lâcher… d’autant qu’il propose à Marin de se reposer sur sa bicyclette…

  La fin de la journée fut rude mais le bonheur d’arriver à la nuit dans le petit village de notre berger sauveur n’en fut que plus intense.

 Un peu limite, les 4 parents, sur ce coup là. Mais les enfants nous ont prouvé qu’on pouvait compter sur eux…

 

D’Alausi, on bifurque à l’ouest pour contourner le Chimborazo, le point culminant de l’Equateur : 6310 m d’altitude, ça calme.

 

 


On se cale à Salinas, petit village perché à 3550 m d’altitude, dans une Guest House qui a l’énorme avantage d’avoir un feu de cheminée.
Le voilà encore,  le rêve des navigateurs tropicaux. C’est notre hiver à nous que l’on s’offre et ce n’est pas pour déplaire aux enfants…

Mais Salinas c’est aussi un bel exemple de développement communautaire comme il en existe beaucoup en Equateur.
C’est même un fait marquant de ce pays. Nombre de corps de métiers se sont regroupés en coopératives populaires.

A Salinas, en plus, les coopératives produisent, entre autres, du saucisson, du chocolat, des ballons de football et le plus réputé des fromages des Andes. C’est Noël ! 

Bon, j’avais dit que je ne vous raconterai pas en détails nos vacances, mais c’est plus fort que moi…

Pendant près de 15 jours, on va ainsi crapahuter dans la montagne, entre 2500 et 4000m d’altitude.

Au pays des lamas

 


au pays des couleurs

 

Au pays des chapeaux

 

 

 




Et surtout, au pays des gens gentils, attentionnés, souriants…

un vrai bonheur.







Par contre, les routes ne sont plus que des pistes et c’est souvent sur le plateau d’un pick up qu’on profite du paysage. C’est vrai qu’on bouffe un peu de poussière et qu’il fait pas chaud chaud, mais la plus frileuse d’entre nous a prévu l’équipement maxi…











Et puis, quand ça caille vraiment trop, on opte pour le bâché

 

Un autre moment fort de la montagne fut le tour de la lagune de Quilotoa.

 

 

6 heures de balade sur les crêtes, les pieds en équilibre sur les remparts, funambules d’un monde minéral, liquide, brumeux et fleuri.
















Et puis j’insiste sur ce bonheur du feu, du point chaud que l’on retrouve,  le soir.

Le bonheur du poêle.

Faut-il vivre sous les tropiques   pour être à ce point sensible au réconfort du point chaud ?

 







Et le matin
la lumière
la couleur
et le poêle


Qui donc a eu la bonne idée de nous mettre un petit hiver sous nos tropiques ?


 
Zumbahua, Quilotoa, Chungchilan, Saquisili, une boucle entre Paramo et grand Canyon, avec, en point d’orgue, cette soirée à danser et à boire avec les gens du village du Quilotoa pour célébrer la sortie de leur premier disque de musique traditionelle. Mais une soirée comme celle là ne se raconte que de vive voix, un soir au coin du… poêle.


Juste dire qu’on a eu la sensation d’être accepté dans l’intimité d’une communauté, de vivre un moment aussi important pour eux que pour nous, de se sentir aussi bien nous avec eux que eux avec nous.





Et tout cela grâce à Michèle qui a eu la manière pour arriver à se faire inviter à cette soirée mémorable…

Ces bonheurs, ces sourires, nous les avons captés tout au long de notre voyage.
Et pourtant, nous ne sommes pas sans savoir que 60 à 70 % des équatoriens vivent au-dessous du seuil de pauvreté.
Alors ?
Comment avons-nous fait pour passer à coté de la réalité économique de ce pays.

L’EQUATEUR cache bien son jeu, aux touristes que nous sommes. Le parcours que nous avons choisi n’y est sans doute pas pour rien…

 

 

 

 

   

 






C’est seulement le 15 août que nous redescendons des montagnes pour l’Oriente, le versant Est des Andes, la forêt humide, les prémices de l’Amazonie…

Ca commence par la descente de Banos à Puyo, et quelques tumultueuse cascades.

On va s’offrir une journée de vélo que les enfants attendaient avec insistance.

 

Et puis grâce encore à la connexion de Michèle et Eric, nous allons nous immerger dans la forêt.

 3 jours chez Carlos et les siens, les indiens Shuar.

Une famille de 19 enfants, un petit territoire préservé de l’envahisseur routier, forestier ou pétrolier, qui sont les fléaux destructeurs de la forêt amazonienne.

Carlos est installé là, avec sa communauté et propose une alternative du type écotourisme pour préserver son patrimoine naturel.

Il reçoit donc des groupes de touristes, comme nous, pour une immersion en forêt.


Carlos connaît chacun des arbres et notamment leurs aptitudes médicinales ou vénéneuses.
Le suivre dans la forêt est un grand voyage dans l’inconnu. Petit blancbec nous nous sentons,  face à cette immensité.

La communauté de Carlos est installée au bord d’une rivière et le programme de la balade prévoyait même un retour en pirogue, ce qui après les 3 heures de marche n’était pas de refus.

  Immersion assez réelle, avec beaucoup de marche en forêt, couchage brut sur de minces matelas, dans une petite cabane sur pilotis, à coté de la lagune aux caïmans. Bouffe au feu de bois de plus en plus rustique.

Ce n’est que la nuit qu’on aperçut les yeux rouges des caïmans se reflétant dans le faisceau de la lampe torche…

Endormissement au cÅ“ur des bruits de la jungle, et pour couronner la séquence émotion, nous avons très nettement ressenti la longue secousse d’un tremblement de terre, avant qu'un orage interminable n'ait éclaté, zébrant la nuit durant de longues heures... 

Ambiance…

Un grand merci à nos amis les Meunier  pour nous avoir dégoté ce petit séjour si fort en dépaysement et découverte. C’est en surfant sur le Web qu’ils ont trouvé l’info car Carlos a sa page Web :
http://www.ecoiwia.com/  c’est ça le monde moderne !





Pour se remettre de nos émotions, on va se poser quelques jours à Misahualli, un petit village, petit hôtel, petit restau, petite plage au bord de la rivière, et petite bière… après le coucher du soleil, bien sûr…

Par contre, ici, attention aux singes, ce sont de sacrés petits voleurs, mais les habitants les acceptent , les protègent, et sourient de leur malice.



Cette rivière se jette dans le Napo, qui lui-même se jettera dans l’Amazone, nous revoilà donc dans l’Atlantique. Pas d’erreur, il va nous falloir retraverser les Andes pour retrouver le Pacifique et Tiloune !

 La route passe par Quito, la magnifique capitale de l’Equateur, et c’est là que nous quitterons nos bons amis qui doivent sauter dans leur avion pour la Martinique.

Dernière gâterie, les enfants profitent de l’instant, les parents sont plus émus…

9 heures de bus plus loin, nous retrouvons notre Tiloune tirant doucement sur sa chaîne, au gré des courants de marées.

Oui, Tiloune… on va y aller… tout doux…

Laisse nous le temps de nous réinstaller en toi, le temps d’émerger de ce beau rêve d’Equateur, de se préparer à faire le pas suivant :
1000 Km vers l’ouest :
Les Galapagos.

 

PS N°1 : au moment où nous mettons sous presse, un grand événement est entrain de se produire : Martin, mon neveu, se marie avec Marie.

D’abord, c’est beau. alors Bravo!

Ensuite, ça veut dire que vous êtes tous ensemble entrain de festoyer et que je crève d’envie d’être avec vous. Je compte sur vous pour actualiser votre Blog !

Bref, juste vous dire qu’on pense à vous très fort et qu’on vous souhaite un wagon de bonheur, que dis-je, un train ! mais pas celui des naz du diablo…

  

PS N°2 :entre  le moment où nous mettons sous presse et le PS N°1, nous avons eu la mauvaise surprise de constater que le tambour inférieur de l’enrouleur de Génois a pris un jeu anormal et qu’il ne tourne plus très rond. On préfère assurer en essayant de commander et d’attendre la pièce de rechange (allo ? la voilerie Clipper Voiles ?)… nous voilà donc à Bahia de Caraquez pour quelques jours de plus que prévu…

On va en profiter pour attaquer la rentrée des classes, ben oui, je crois que c’est d’actualité, on l’a entendu sur RFI…

Pour info, Marin est admis en CM2 et Paco en 5ème, et les 2 avec félicitations !!! de nous.

je m'excuse d'avoir été un peu long

Je vous souhaite à tous une bonne rentrée !

On garde contact, on va en avoir besoin, on se sent un peu petit, tout seul, là.

dodo

 

Par Tiloune
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