Samedi 27 septembre 2008
Hou là là !!! Ca bouge !
C’est incroyable à quel point on peut oublier comment c’est, la mer.
Nous revoilà au prés, dans une mer un peu nerveuse, 30° de gîte, et notre lourd Tiloune qui arrive à sauter en l’air…
En voyant les enfants recroquevillés dans le cockpit, essayant tant bien que mal de combattre ce mal de mer naissant…Cette question qui revient : mais qu’est-ce qu’on fout là ?
En plus, il fait froid et gris !
C’est normal, nous sommes dans le courant froid de Humboldt qui remonte de l’Antarctique.
C’est normal, mais ça casse un peu.
Il faut dire qu’avec ces 2 mois d’escale, en Equateur, blottis dans le creux du Rio Chone, à Bahia, Tiloune a un peu oublié la grande brasserie marine, et la transition est directe.
On s’est bien fait dorloter par cette petite ville chaleureuse de Bahia, et puis Puerto Amistad, son yacht Club, juste comme il faut.
Les enfants autant que nous, auront tiré profit au maximum des facilités de ce yacht Club qu’il faut recommander à tous ceux qui croisent dans la zone.
Et c’est la première fois qu’on a pu avoir une liaison internet à volonté si facilement, ce qui est un luxe inestimable dans notre cas. Surtout que pour la première fois, on a essayé le « téléphoneaveclordi » !
C’est en voyant les rangs bien serrés de yachtmen, alignés au yacht club, casque vissé sur les oreilles en pleine conversation avec l’écran plat de leur computer, qu’on s’est dit que c’est pas parce qu’on était fraaaaaançais, qu’on pourrait pas essayer…
Faut avouer qu’on n’est pas très « High Tech » sur Tiloune…
Et ça a marché, et je ne résiste pas à l’envie de faire encore maintenant, plein de calins d’amour à ma maman et à mon papa…
Finalement, le coup tordu que les douanes, alliées à Fedex, nous ont joué, avait du bon…
On était bien à Bahia.
Aujourd’hui, le pont se fait « carchériser » par l’océan, et le pauvre clavier que je tapote nerveusement a du mal à rester en place.
Donc, ce matin, nous avons attendu la marée haute en faisant un dernier marché (snif), Puis Carlo, notre pilote adoré est revenu à bord.
La chaîne fut remontée péniblement car elle tenait plus de la guirlande corallienne que du maillon calibre 12…
Doucement, Tiloune s’est tourné vers l’estuaire, salué par les vols en piqués et les multiples plongeons des pélicans.
Vous sentez la plénitude du voyageur qui, heureux d’arriver, est comblé par un nouveau départ, la ligne d’horizon vierge, le large, enfin.
Et c’est à peu près là que tout a basculé.
La dernière pointe de sable laissa peu à peu la place à … la mer, que nous n’avions pas vu depuis 2 mois…
Ben oui, un peu honteux, je vous avoue qu’on n’est pas allé la voir une seule fois de tout notre séjour ici.
Alors, la grande dame nous a fait une scène.
Des moutons un peu partout, son ciel gris sur la tête, pas très claire elle-même non plus, le teint boueux des grands jours…
Et ce fut le moment de débarquer Carlo qui avait fait son travail de pilote. On l’aurait bien suivi, Carlo, tous les 4, on aurait bien sauté aussi habilement que lui sur la barque qui allait le ramener chez lui, dans le fleuve, au calme, puis au yacht club… Y a que Paco, qui a réellement dit tout haut, ce que chacun d’entre nous pensait tout bas… non ! pas vrai ! pas moi ! (rajouté par maï)
Alors, tel le laboureur à son labour, on a hisssé la grand voile et puis, on a déroulé le tout nouveau génois de Clipper Voiles. Et ce fut le seul beau moment de la journée.
Tiloune et son nouveau génois, élancé et taillé comme une aile d’oiseau marin.
Et c’est là qu’on a commencé à sauter en l’air…
Lundi 29 septembre
Sur les 550 milles à parcourir pour les Galapagos, en voilà 200 d’effectués, au prés, encore au près. Mais on sent bien que ça s’arrange.
Le vent adonne de plus en plus, nous laissant faire un cap direct à bonne allure.
Aujourd’hui, on a commencé à ouvrir un peu les voiles, à peine, mais suffisamment pour faire remonter le moral.
Et pour la première fois on a vu le soleil !
Chacun commence à sortir de son hibernation protectrice.
Les enfants se remettent à bouquiner : Maï a sorti son 1er joker : 2 nouveaux livres du Petit Nicolas (Goscinny et Sempé). C’est du gâteau, les enfants, autant Marin que Paco sont pliés de rire et nous refourguent à tout bout de champs tel ou tel réplique « écoute ça ! papa… »… Merci Jojo…
Avant cela, c’est les histoires audios du grand Jean qui nous sauvent la mise. Kipling, s’enchaîne derrière Pennac avec « l’idée du siècle de Kamo »…. Merci grand Jean…
Et puis nous, ben ma foi, on fait aller.
Maï souffre un peu de ces conditions un peu dures, mais elle assure ses quarts mieux que moi, emmitouflée dans la grande veste que Béja a eu la bonne idée de nous laisser…
Mercredi 1er octobre
Changement de décor.
Le vent est passé au Sud Est, le soleil est là, la mer est bleue, la longue, longue et vieille houle du Pacifique s’est mise en place. Paco identifie 2 fous masqués qui vont et viennent autour de notre sillage. Un groupe de mammifères marins de belle taille croisent au loin, mais on n’arrivera pas à les identifier.
Ca y est ! je me rappelle pourquoi on est là…
Tiloune avance doucement sur l’eau mais le froid courant de Humboldt nous aide à tenir une moyenne de plus de 6 nœuds ! on n’a pas intérêt à louper les Galapagos car on ferait difficilement demi-tour…
Il est 16h00, l’heure du thé et du goûter.
Nous sommes à 40 milles de la pointe Est de San Christobal, la première de l’archipel quand on arrive de l’Est. On va trop vite ! on veut pas arriver de nuit !
Jeudi 2 octobre
Hier soir, déjà, nous avons aperçu un premier petit cône posé sur la mer dans le soleil couchant.
Pas question d’arriver de nuit, on veut profiter au max du paysage d’atterrissage car aux Galapagos, nous ne sommes pas autorisés à faire de la croisière avec notre voilier :
« une escale et c’est tout ! » dit la loi.
On a donc passé la nuit Grand voile affalée et génois enroulé à moitié, le courant s’occupant de nous faire avancer
bien assez.
6h00 levé de rideau
sur la pointe Est de Christobal
On renvoie de la toile pour longer doucement la côte sous le vent.
Paysage aride et volcanique qui en impose.
Aux jumelles on apercevra quelques colonies d’otaries, difficile à distinguer de la roche basaltique.
A 2 reprises, un émissaire viendra tourner autour du bateau pour voir qui donc arrive là .
Mais c’est surtout les oiseaux qui nous feront la fête, dans un décor assez tranchant.
Ce n’est que vers midi que Tiloune tourne la pointe ouest et pénètre le petit mouillage de Puerto Baquerizo Moreno.
Le nombre de gros motor-yacht nous rappelle que les Galapagos sont devenues une importante destination touristique…
Ceci dit, en débarquant, le seul comité d’accueil va vite nous réconcilier avec la première impression. Et c’est Paco qui va prendre notre première photo animalière
Effectivement, les Galapagos ne sont peut-être pas un mythe
On vous racontera tout la prochaine fois !
On vous embrasse bien fort
dodo
PS : Comme la vidéo a l’air de fonctionner au moins pour certains, je ne résiste pas à essyer de vous mettre la totalité de notre premier petit film sur Haïti (26mn) en un seul morceau.