« Galápagos » : un joli mot qui me faisait rêver depuis mes premières lectures de Moitessier et des autres…
Un mot que la culture collective associe à un monde perdu, un monde vierge, celui du tout commencement, une sorte d’éden où le règne animal vit en parfaite quiétude, sans prédateur.
Un Fou à pattes bleues, qui s’est laissé approcher à quelques mètres par Paco notre photographe
Et bien sûr, on crie bravo aux autorités d’avoir réglementé l’accès à ces terres qui, on le sait, n’auraient pas tenu longtemps face à la sauvagerie et l’égoïsme de la nature humaine.
La voici donc notre planète.
Lorsque les puissances industrielles ne l’ont pas entièrement saccagée, elle est devenue un parc, avec des clôtures, une entrée, une sortie, et un
guichet, bien sûr.
On ne va quand même pas laisser de coté les sacro-saints principes de la finance
au nom d’une utopie, d’un espace où l’animal est chez lui, tout simplement.
L’idée d’« écotourisme » est trop porteuse pour être négligée, les hommes d’affaires sont là, responsables de la protection de notre planète… nous pouvons donc dormir tranquilles…
Bien que nous
soyons totalement hors saison, qu’il fasse bien froid, et que le ciel soit bien gris, les vedettes et paquebots de croisières se sont succédés à un rythme comparable à la zone caraïbe en pleine
saison…
Au nom de ce bon « écotourisme », les paquebots scintillent dans la nuit, les groupes électrogènes ronronnent, les moteurs tournent, les réservoirs de fuel se vident et se remplissent, le ravitaillement de tout ce beau monde fait tourner à plein régime une économie florissante et une population qui, sinon, ne serait pas venue s’installer là.
Il n’y a rien d’autre à faire ici. La plupart des îles sont dénuées de végétations… Disons que c’est plutôt lunaire.
Vous l’avez compris, notre escale aux Galapagos ne nous aura pas apporté tout ce dont on rêvait. Cet archipel a un statut mythologique. L’aborder dans la vraie vie est peut-être aussi décalé que de partir à la recherche de l’Atlantide…
Finalement, mieux vaut garder au fond de soi son « archipel des Galapagos » et en prendre soin… Je pense à un petit coin de cour, à Toulouse, une gorgée de bière et barbes à papa…
…
Où étais-je ?
Où en
étais-je ?
Oui ! Les Galapagos , Océan Pacifique.
Une seule et unique escale nous est permise en voilier, moyennant tout de même le paiement des services d’un agent aussi inutile qu’obligatoire. Entre cet agent et les formalités de port et d’immigration on va laisser un peu plus de 200 dollars…
Mais bon, un fois nos mythes ravalés, on se recale et on va bien profiter de ce site qui reste exceptionnel.
Les touristes restent sur leurs vedettes ou circulent, bien encadrés, sur les allées du « parc », il nous
suffira d’éviter les dites « allées ».
Cela ne sera pas trop difficile, car à 100 US
dollars par personne, nous nous sommes abstenus de rentrer dans les circuits guidés.
Au bout du compte nous aurons le tranquille petit village de Puerto Baquerizo Moreno et sa petite plage à notre disposition.
Ambiance équatorienne bien sympa avec les otaries en plus, qui sont plutôt rigolotes.
On va se permettre, quand même, une virée à l’intérieur de l’île de San Cristobal, en passant par son sommet (dans les nuages) et pour rendre visite aux fameuses tortues terrestres géantes (Galapagos en espagnol) en semi-liberté.
Ils s’agit d’une nurserie qui essaie de protéger les dernières tortues terrestres des prédateurs apportés par l’homme (rats, chèvres, ânes etc…)
Une autre belle balade à la plage de la Lobéria nous permettra d’approfondir le cours de sciences naturelles
Mais finalement, c’est dans le tout proche alentour du mouillage qu’on s’amusera le plus.
Malgré la température de l’eau (glaciale), Marin et même Paco rassembleront tout leur
courage pour nager avec les otaries, malheureusement, l’eau n’est pas claire, c’est l’hiver aussi sous l’eau… Mais Paco va tout de même shooter le gros mâle otarie intimidant qui tournait
bruyamment autour de nous pour qu’on ne s’approche pas trop prés de ses femelles.
Tant pis, on plongera ailleurs…
Nous avons décidé de quitter les Galapagos demain mardi 14 octobre, cap sur Hiva Oa.
On ne pourra pas s’empêcher de longer la côte d’Isabella, la plus à l’ouest. Osera-t-on y tenter une dernière escale avant de se lancer dans la grande traversée du désert océanique ?
On risque fort de se faire jeter.
Ces nouvelles sont donc les dernières avant un petit temps…
Sachez que tout va bien à bord, nous sommes prêts, Tiloune aussi
Les enfants aussi veulent y aller (sans doute car en traversée on ne fait pas école…)
A l’instant où j’écris ces lignes, Maï est à l’accordéon, bon signe.
Un dernier petit resto suivi d’un dernier petit billard ce soir.
Pour les amateur de vidéo, je viens de remettre en ligne le premier film sur l´escale d´Haïti, découpé en 3 morceaux car l´intégrale semblait trop lourde.
Je suis friand de commentaires concernant ces vidéos.
On vous embrasse bien fort et à bientôt,
laissez-nous du temps pour trouver ces îles
« car par manque de brise, le temps
s’immobilise… »