A l’heure où j’écris ces lignes, nous sommes à Fatu Hiva, dans la grandiose baie de Hananavé.
Pas d’internet, je ne sais pas bien quand nous retrouverons une connection qui me
permettra de mettre en ligne.
De peur de vous perdre, voici une petite carte qui récapitule un peu ces dernières
semaines
Maï vous a raconté la traversée et nos retrouvailles magiques avec notre nièce Lucie Faulquier ornithologue de son état…
Nous étions donc à Ua Huka où nous avons finalement mouillé le Tiloune au fond du port naturel du village de Vaïpaee.
Ambiance falaises rouges avec quelques frissons de se sentir franchement à l’étroit dans un mouillage qui pourrait vite devenir un enfer si l’alizé d’Est tournait… au Sud Est…
Qu’est ce que Lucie ne nous aura pas fait faire ?
Mouiller entre 2 falaises ce n’est rien ! il a fallu ensuite aller escalader celle de l’îlot Teuaua, cette île où se reproduit des milliers de sternes fuligineuses.
Lucie y va pour observer les œufs, les peser et noter à qu’elle stade en sont les éclosions, en vue d’une future action de dératisation…
Nous voila donc en famille, accroché à une grosse ficelle, 20 mètres au-dessus du grand bleu et des ombres des raies manta,
avant de se retrouver sur le plateau où plusieurs milliers de sternes tourbillonnent dans un fracas de piaillements assourdissant.
Marcher doucement et prudemment pour ne pas écraser un œuf, cheminer en bordure de
falaise afin ne pas effrayer les tout jeunes qui pourraient s’enfuir du coté du vide, … nous suivons à la lettre les consignes de notre ornithologue.
Tout en ayant un œil sur nos petits à nous, qu’ils ne tombent pas non plus de la falaise…
Bref, on en prend plein les yeux et plein les oreilles
Lucie va ainsi nous faire partager sa passion et c’est en sa compagnie que nous allons découvrir notre première île des Marquises : le plus beau des cadeaux de bienvenue
Des sourires des couleurs et des fruits, voila notre première sensation des îles Marquises.
Lucie est aussi à l’aise avec les oiseaux qu’avec les marquisiens, c’est un vrai bonheur d’être là, avec elle.
On veut alors lui faire partager un peu de notre navigation, et elle s’embarque donc pour la petite nav vers Hiva Oa. Petite nav, mais contre l’alizé d’Est !
Et oui, il nous faut maintenant revenir en arrière (vers l’est) pour découvrir les îles par lesquelles on devait commencer. (voir carte au début).
On a commencé par mettre l’après midi à relever nos 3 mouillages, dont un, qu’il a fallu retrouver au fond de
l’eau à cause d’un nœud mal fini.
La 1ère leçon de navigation hauturière que nous avons donc fait subir à Lucie, fut le draguage du port de Vaïpaee ..
On n’est pas fier.
Et puis, la météo semble vouloir nous faire payer nos petits détours de famille, car ce fut une dure journée à grains dans la gueule
De l’aube au coucher du soleil, on va batailler au prés serré pour remonter les 70 milles qui nous séparent de Hiva Oa, et c’est en début de nuit que nous mouillons à l’abri de Tahuata.
On attend le jour pour finir la nav.
Sauf qu’à Tahuata, on a la surprise de retrouver Kerdonis !
Chacun de se raconter sa traversée, la journée y passe, évidemment.
Le lendemain, on sera quand même obligé de regagner Hiva Oa, ne serait-ce que pour raccompagner Lucie à son avion…
Encore un dernier grand merci à notre ornithologue de choc de nous avoir offert pareil atterrissage…
Et ce fut donc Hiva Oa, où nous retrouvons les « Joline » !
Eux, on les connaît depuis la Caraïbe… 2 ans qu’on essaie de les rattraper !
Un grand moment, pour nous et les enfants, car les « Joline » ont 3 garçons ! (nobody’s perfect…)
En plus Patrick (le papa et néanmoins charpentier de marine) a eu la bonne idée de dégoter un chantier (la construction du premier speed boat CP Epoxy des Marquises) avec « logement de fonction » c’est chouette ! d’aller voir les copains dans une maison ! la douche, la machine à laver, tout ça quoi…
La cerise sur le gâteau, c’est le signal Wifi de la maison voisine qu’on arrive à capter de manière, c’est vrai, très très aléatoire, et qui va nous permettre, avec beaucoup de patience, de résoudre les gros soucis informatiques qu’on a depuis le départ des Galapagos.
Un méchant virus qu’on a traité par le mépris pendant la traversée (pas vraiment le choix) et qui nous a bien « niqué » (terme technique du jargon informatique) à l’arrivée…
J’ai pas de photos du virus alors je vous mets en vrac d’autres trucs vus à Hiva Oa
Un peu de verdure
Un pétroglyphe Un
centre « Jacques Brel »
Une petite phrase, qui essaie, sans succès, de nous consoler d’avoir laisser notre famille, nos amis… et puis
Bon, vous ferez le tri.
On se cale sur le rythme des « Joline » et le WE on les sort un peu de leur enfer d’Hiva Oa pour une virée à 9 sur Tiloune dont 5 enfants, carton plein.
Cap sur le petit paradis de Tahuata, à 2 heures de là, sans compter les embouteillages
Là-dessus, on s’était promis d’aller à Fatu Hiva,
Coup de chance, l’alizé tourne au Nord Est, ce qui permet à Tiloune de filer presque au travers vers la plus Sud des îles marquises, la plus isolée surtout…
S’il est un atterrissage où le marin tutoie les dieux, ce pourrait être Fatu Hiva
Falaises vertigineuses tombant à pic dans la mer, végétation luxuriante qui s’accroche
aux remparts, roches titanesques aux évocations les plus mystiques, cascades, claires rivières ombragées où chevrettes et anguilles batifolent , et
puis des fruits, et puis des coqs sauvages, et puis….
là c’est moi qui chasse la chevrette… et là c’est paco qui chasse le coq
Bon bref, tout ça pour dire qu’on s’amuse bien, que les coqs et les chevrettes ont de beaux jours aussi devant eux, qu’on se balade, qu’on pêche quand même quelques poissons car il faut bien survivre, mais qu’on se sent bien petit joueur à coté des marquisiens qui sont de véritables forces de la nature, en adéquation totale avec elle. Quant ils vont à la chasse aux sangliers ou au cabris, disons juste que ce n’est pas pour rire… on vous en dira plus quand on aura essayé une fois au moins de les suivre…
Malheureusement, entre l’école que nous avons reprise de manière un peu plus soutenue et… la sieste, nous n’avons pas encore réellement pu nous rendre disponible pour vivre la vraie vie des Marquises
Notre escale à Fatu Hiva touche à sa fin, il faut qu’on commence à pointer vers le nord ouest et se rapprocher peu à peu de Nuku Hiva.
On espère y être pour les fêtes, y retrouver quelques amis et surtout essayer de réintégrer l’école et le collège, du moins pour Marin et Paco…
On vous embrasse bien fort, et pendant que j'y suis, car c'est pas sûr qu'on retrouve une conection
facilement, ben.....JOYEUX NOEL !!!!
j'essaie de boucler ce blog, assis par terre contre les murs de l'agence postale de Hiva Oa où nous repassons avant de continuer sur Nuku Hiva,
le Wifi passe, profitons en...
à bientôt
dodo